Catherine Tasca Ministre de la culture et de la communication
Assurer la préservation, la valorisation et la transmission des savoir faire d’excellence indispensables pour la conservation du patrimoine comme pour la création contemporaine, tel est l’objectif de la nomination des Maîtres d’Art.
En effet le titre de Maître d’Art témoigne à la fois d’une exceptionnel maîtrise de la technique et de l’exercice d’un magistère de formation.
Jean-Jacques Aillagon Ministre de la culture et de la communication
Leurs talents uniques allient tradition et création, amour de la matière et virtuosité du geste, intelligence de l’œil et de la main.
Renaud Donnedieu de Vabres Ministre de la Culture et de la Communication
Que de chemin parcouru depuis 1994 et les premières nominations des Maîtres d’Art par le Ministre de la Culture, inspirées par les Trésors nationaux vivants du Japon ! Oui, nos Maîtres d’Art sont bien nos Trésors nationaux vivants, dont la richesse et la rareté résident dans leurs mains mêmes, ces mains qui détiennent des savoir-faire d’excellence, une habileté exceptionnelle et, pour reprendre la belle expression de Liliane Bettencourt, qui œuvre pour leur promotion, une « intelligence » extraordinaire. Comme les Trésors nationaux japonais, nos Maîtres d’Art sont investis d’une mission : veiller à la transmission de cet héritage inestimable, au renouvellement, à la réinvention permanente de leurs techniques.
Je suis très attentif à la préservation de ces métiers d’exception, des métiers qui portent haut, dans le monde entier, la beauté, la qualité et l’excellence qui ont fait, et continuent de faire le prestige des arts et du savoir-vivre français. Je crois en leur valeur, précieuse, essentielle, parce que je crois profondément à l’amour du travail bien fait, à la patience, à l’exception et à l’unique, dans un siècle qui tend à l’uniformité et au zapping, dans un monde qui privilégie le jetable et l’industriel. Vous avez en ce sens une responsabilité immense, celle de transmettre ce goût du rare et de l’effort pour y parvenir, cet amour du geste et de ce temps long qui est celui de la véritable création. Qu’est-ce que l’art, si ce n’est, comme le disait Georges Duby, une « […] habilité dans la mise en œuvre des pratiques par quoi l’homme assure sa prise sur le monde » ? Et qu’est-ce qu’un maître, si ce n’est celui qui ouvre les regards sur ce monde et enseigne cette habileté ?
Oui, les métiers d’art sont l’une de nos plus grandes richesses, et il nous appartient de les transmettre, de les préserver, et de porter la lumière sur ces maîtres qui sont de véritables créateurs, et dont les œuvres rayonnent en France comme à l’étranger. Nous devons soutenir tous les professionnels qui relèvent des défis dans leurs entreprises, qui s’intéressent à la recherche, expérimentent des nouveaux matériaux ou de nouvelles technologies, pour trouver des applications novatrices.
C’est pourquoi je me félicite que soient nommés quatre chefs d’atelier d’entreprises du luxe membres du Comité Colbert, qui regroupe 70 entreprises françaises prestigieuses. Je tiens à saluer chaleureusement l’engagement des personnes qui font le renom de ces grandes maisons.
Les entreprises du luxe sont de véritables ambassadrices pour l’ensemble des maîtres d’art qui constituent une « compagnie » prestigieuse, mais qui doit sortir de la confidentialité. Elles sont aussi des entreprises au cœur de la cité, soucieuses de former des jeunes talents pour pérenniser leurs techniques, pour faire vivre leurs ateliers exceptionnels.
Je vous invite à poursuivre, vous aussi, votre quête de la beauté en sachant qu’elle n’est pas acquise pour toujours, mais qu’elle est, particulièrement dans vos métiers, un pari sur l’avenir.
A tous, je souhaite redire notre reconnaissance et notre admiration, et rappeler que la France peut s’enorgueillir de vos talents.