Les Maitres et Elèves par ordre alphabétique

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Nico CHARDEL
Ferronnier
Elève du Maître d’Art Pierre GAUCHER

C'est au siècle dernier que j'ai rencontré Pierre Gaucher, Maître d'Art ferronnier. Benjamin Schlunk était alors son Elève, je l'enviais beaucoup. Tous les deux sommes sortis de l'Ecole Supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg. C'est à l'atelier Métal que nous nous sommes rencontrés et, comme l'on dit dans notre jargon, que nous avons pour la première fois "caressé l'enclume".

J'ai roulé ma bosse, toujours dans la ferraille. Soudeur haute pression avec licence, j'ai pu tâter du lourd et parfaire ma connaissance de la matière pour réaliser mes premières sculptures métalliques d'envergure.

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Le monde du spectacle dont l'Opéra du Rhin, T.J.P, ARTE, des Compagnies de théâtre, fait appel à mes compétences de serrurier soudeur. Une entreprise strasbourgeoise de construction de décors et d'évènementiel, accueille à la Machinerie des artistes, des troupes de théâtre, des constructeurs... Et, depuis l'an 2000, Pierre Gaucher.

C'st là que Pierre me contacte et m'annonce que le ministère de la Culture relance le dispositif de transmission entre le Maître et l'Elève. Je n'hésite pas une seul seconde pour dire Adieu à l'intermittence du spectacle. Je saisis l'opportunité ; j'ai la chance et le privilège d'être désigné l'élève du Maître d'Art Pierre Gaucher.

Pendant trois ans j'accepte la transmission de ses connaissances ; c'est un enseignement pointu, rigoureux des différentes techniques de forgeage qu'elles soient classiques ou contemporaines.

Cette collaboration maître-frappeur s'est poursuivie avec passion. En parallèle, je montais mon propre atelier de forge, mettant jour après jour différents exercices en pratique : fabrication d'outils, réalisation classique... Semaine après semaine, contrôlant et maîtrisant crescendo la matière "Fer", je prends confiance en moi.

Encouragé et soutenu par Maître Pierre Gaucher et mes proches, je décide de m'installer et de faire revivre une ancienne forge datant de 1699 située en plein coeur de Marmoutier, un petit village proche de Strasbourg où je vis entouré de ma famille. Après des années de silence, les riverains sont heureux de vivre au son de l'enclume renaissante.

Ma production est faite de pièces uniques, elle s'éllargit des commandes tant publiques que privées.

Simultanément, je poursuis mes recherches personnelles, je donne des cours et j'organise régullèrement des portes ouvertes afin d'initier à la maîtrise du fer par le feu. Cette tradition ne doit pas sombrer dans l'oubli.

L'amour du bel objet, de la pièce unique, de la culture, unis face au ravage du tout industriel, doit l'emporter afin que le beau métier de forgeron perdure.

Nico Chardel

Mots clefs : Nico CHARDEL, Ferronnier